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Les travaux et les jours

HESIODE (VIIIe-VIIe av. J.-C.)

D’or fut la race première des hommes de vie périssable,
race créée par les dieux immortels qui peuplent l’Olympe.

C’était au temps de Cronos, quand le ciel était son royaume, lorsque les dieux menaient une vie préservée de souffrances, loin à l’écart des malheurs et des peines ; jamais la vieillesse âpre n’approchait ; les pieds et les bras toujours jeunes, ils vivaient de festins, à l’abri de toute misère ; ils mouraient comme s’ils s’endormaient. Et toutes richesses leur revenaient : la terre qui donne la vie, d’elle-même, leur tendait ses fruits abondants ; la joie et le calme présidaient aux travaux des champs, à leurs grandes richesses - riches en bétail, chéris des puissances divines !

Mais cependant, quand le sol eut recouvert cette race, Zeus l’immense voulut qu’ils devinssent des forces divines, généreuses, terrestres, gardiennes des hommes qui meurent, dieux gardant la justice, châtiant les travaux d’injustice, tout drapés de brume, errant par toute la terre, et dispensant la richesse : telle est leur charge royale.
 

Le don

Tous ces travaux, tous ces jours passés, courbés sur cette terre que nous avons connue libre, vaste, éblouissante. Toute cette sueur versée pour qu'elle soit encore plus belle, ne pouvait pas, ne devait pas se galvauder ainsi. Que de chamboulement, que de bouleversement n'avons nous pas consentis. Grande est notre trahison.


Poème de Marcel Michelet:

Enrichi de ce qu'on donne
Appauvri de ce qu'on tient
Bienheureux qui s'abandonne :
On a tout quand on n'a rien.

Le froment que l'on engrange
Moisira s'il n'est du pain.
Le raisin que l'on vendange
Pourrira s'il n'est du vin.

Par-delà les vieilles routes,
Les sentiers et les chemins,
Les recherches et les doutes,
Les dossiers, les parchemins.

Une glèbe rase et nue
Laisse au vent sa liberté;
L'ouragan qui la dénue
Transfigure sa beauté.

Et de toute la matière
Consumée à tant de feu
Il ne reste que lumière
Pénétrable au don de Dieu.

Pureté, que tu es belle !
Triomphante du désir
Ta splendeur est éternelle
Comme l'acte de mourir.
 

D'un siècle à l'autre - Souvenirs et libres propos

Laissez-vous surprendre par les propos quelque peu nostalgiques mais d'une grande réalité, qu' Alphonse BEX, grand ami de la nature et de Veysonnaz, emporté par sa verve poétique, a confié à l'un de ses proches.


 

Rythmes quotidiens

Etre paysan c'est être tributaire des humeurs du temps et de la nature. A chacun son rythme.
 

Transport postal - Sion Veysonnaz

David Hosterholt est un jeune homme passionné, natif de Veysonnaz, il réside actuellement en terre vaudoise. Il vient de réaliser un site internet où il a développé notamment l'histoire du transport postal entre Sion et Veysonnaz. Il brosse un tableau bien documenté de l'évolution et des changements qui ont marqué toute la région, sous l'égide des concessionnaires Rielle - Theytaz et Lathion.
Nous vous proposons une large consultation de son site au moyen des liens suivants :

Sion Veysonnaz
Gare postale de Sion
Autres lignes
 

Le Grand Bisse de Vex

Le bisse s'enfuit et glisse sans bruit.
Son onde profonde et blonde reluit.
La prêle et frêle d'été s'y baisse et laisse ses tresses flotter.

L'insecte parfois s'humecte et boit...
Un rêve soulève des voix.

De molles senteurs s'envolent des fleurs...
La brise éprise se grise d'odeurs.

Tout vibre, tout vit, l'air libre frémit...
Et flore, que dore l'aurore, sourit.

Poème de Pierrette Micheloud
 
Dans un article de presse récent, Jean-Henri PAPILLOUD, président de la Société d'histoire du Valais romand, relevait que les bisses valaisans, construits dès le Moyen Age, étaient des témoins précieux de notre passé. Il soulignait l'ingéniosité de ces systèmes d'irrigation, les aspects spectaculaires de certaines réalisations ainsi que le savoir faire génial des populations intéressées.

Nous vous proposons aujourd'hui, en rapport avec le Grand Bisse de Vex, venant de Nendaz, quelques documents mis gracieusement à notre disposition par Mme Edna Favre, présidente, et retraçant l'histoire de cette construction, remontant au 15ème siècle et impliquant les populations de Nendaz, Veysonnaz, Salins, Les Agettes et Vex. En 1453, le Duc de Savoie accepte le projet et autorise la prise d'eau dans la Printse.

Les gens de Veysonnaz, Clèbes et Verrey ont largement profité de cette manne providentielle qui leur a permis d’arroser durant des siècles et de nos jours encore, les terres situées en aval, entre 1300 et 1000 mètres d’altitude. Les eaux de la Printse et de l’Ojintse, canalisées, leur ont permis d’irriguer au fil des torrents et des embranchements secondaires, prairies, vergers et champs, puis d’alimenter, au début du 20ème siècle, plusieurs réservoirs d’irrigation, servant à l’arrosage des champs de fraise, de framboise et des jardins potagers. Vraiment, il n’est pas vain de rappeler tout ce que nous devons aux anciennes générations qui ont œuvré à ces réalisations et peiné pour assurer leur pérennité.
 
Le bisse chante au creux des monts, son chéneau cueille l’eau du torrent impétueux, l’endigue, l’apaise, lui assigne une mission. Elle se met alors à penser : « Je suis libre dans ma prison, je vagabonde à travers vallons et rochers, je cours le monde, j’en connais tout l’horizon ».
 

Aquarelle de GEHRRI-DANIEL